Aller au contenu Aller au pied de page

Histoire et patrimoine

Le Château

C’est le 7 septembre 1082 que l’évêque de Baignes donna à l’abbaye de Baignes la chapelle Sainte Marie située « infra oppidum Montis Guidoni », soit au pied de la forteresse du Mont de Guido.

Si Vassiac préexistait déjà, Montguyon fut une création postérieure.

Les très riches propriétaires fonciers s’imposèrent très vite comme des chefs locaux et l’habitude se prit d’adopter pour surnom héréditaire la dénomination de la principale possession, bien de résidence. Ainsi le rocher calcaire de Guido donna naissance à une famille : les Montguyon.

Un bourg Castral s’implanta au pied de l’oppidum , mais la paroisse restait Vassiac, vieux bourg rural.

Durant la guerre de 100 ans Sicard, seigneur de Montguyon habitait la forteresse en compagnie de sa famille, les puissants murs de pierres allaient connaître toute une série de batailles.

La Saintonge, située à la frontière entre les deux monarchies rivales connurent des guerres terribles. C’est en 1356 que la Saintonge devint anglaise conquise par le prince noir fils du roi d’Angleterre Edouard III, puis redevient française en 1372

En 1384 Rosine de Montault, fille de Raimond épousa Guy de la Rochefoucauld. Par son mariage, Rosine dame de Montguyon confia ainsi sa baronnie à l’une des plus anciennes famille de France, et ce pour trois siècles.

Le vieux castel de Montguyon fut repris en 1422 par les anglais. Mais il y a eu Jeanne d’Arc, l’espoir d’une reconquête, le sacre de Charles VII.

A partir 1450, avec l’aide de Jean de la Rochefoucauld, seigneur de Montguyon, les troupes françaises reprirent peu à peu méthodiquement les terres aux anglais. Le Château de Montguyon fit bientôt son entrée dans la grande histoire des reconquêtes.

Ainsi au commencement de mai 1451, Dunois, le compagnon de Jeanne d’Arc, lieutenant du roi ayant avec lui le Comte d’Angoulême, Jean Bureau, trésorier de France, grand maître de l’artillerie mena le siège de Montguyon l’anglaise.

Après une semaine de siège, les 3000 archers et autres soldats réussirent à investir le château.

L’armée de Dunois quitta Montguyon le 16 mai pour aller assiéger Blaye et Bourg. Il reprit Bordeaux le 20 août. Deux ans plus tard à Castillon, la guerre de 100 ans s’achevait.

A la renaissance le Château de Montguyon fût remis au goût du jour. L appareillage des pierres du donjon et logis attenant fut refait. Les corniches agrémentèrent les façades. D’élégants supports s’élevèrent à la base des créneaux, enfin on ouvrit, comme dans d’autres châteaux une grande brèche dans le donjon, des fenêtres y apparurent.

 Le Château de Montguyon transformé au goût du siècle, va alors accueillir des grandes figures du parti réformé.

La plus célèbre d’entre elles : Henri de Navarre, futur Henri IV, souvent appelé le roi des Huguenots du sud-ouest. Ses passages à Montguyon furent nombreux. Plusieurs historiens affirment qu’il y vint sept fois entre 1571 et 1587 soit de l’âge de 18 ans à 34 ans.

En 1600 le jeune baron de Montguyon : Isaac de la Rochefoucauld, fils de « Montguyon » épouse Hélène de Fonséque de Surgères. La nouvelle dame de Montguyon fit peindre dans son petit cabinet dont la baie dominait le village et la campagne, les vers en lettres rouge sur fond bleu :

« Regarde l’éclat brillant de mes yeux,

Il t’est permis de les admirer.

Mais si tu n’en peux souffrir la lumière et les feux,

Meurs plutôt que de te plaindre.

Apprends que la divinité qui remplit ce lieu a donné pour compagne à sa beauté suprême la fierté et la tyrannie.

Adore toujours, n’espère jamais.

Si tu veux vivre, étouffe tes désirs

Donne tout à sa gloire aux dépens de ta vie et sache que la mort est le prix des ambitieux. »

A la clef de voûte se voyait un écusson dominé par une couronne de marquis avec un R entre quatre S ( La Rochefoucauld – Surgères ) de même qu’un bouton de rose sur sa tige garnie d’épines et de feuilles avec une inscription latine cette fois :

« Sic placet ut purgit

Elle plaît quoiqu’elle pique »

Le mercredi 7 juillet 1621, Montguyon reçoit le roi de France Louis XIII, fort enrhumé, ainsi que sa cour,  protégé par plus de cinq cent gardes du corps, le seul venu officiellement ici en tant que chef d’état durant l’histoire. Ce qui atteste une nouvelle fois le caractère historique du château.

C’est le 25 mai 1652 qu’a eu lieu la dernière grande bataille de Montguyon, entre les troupes du prince de Condé commandées par le comte de Maure et celles de Monsieur de Folleville de l’armée royale fidèle à Mazarin. Les troupes royales s’étaient retirées à Montguyon avec 500 chevaux. (Les écuries étaient grandes fort heureusement) contre les troupes de Mazarin qui ne disposaient que de 300 chevaux . Des deux côtés, on se proclama vainqueur.

  • l’armée royale parce qu’elle avait arrêté le Comte de Maure,
  • Les frondeurs puisque 200 soldats fidèles au roi étaient morts.

Condé, après des épisodes rocambolesques finira par fuir. L’ordre était rétabli. Montguyon venait de connaître sa dernière grande bataille.

Charles de Rohan, Prince de Soubise fut le dernier Baron de Montguyon (1715-1787). Le Maréchal de Soubise fut l’un des plus proches amis de Louis XV. Il fréquenta plus la cour de Louis XV puis celle de Louis XVI, l’armée et ses salons que ses terres de Montguyon. Il avait un juge Sénéchal dans le château et une prison. La justice seigneuriale était rendue en son nom.

Dans la nuit du 7 au 8 février 1793, un orage violent s’abat sur Montguyon.

C’est le feu du ciel et non celui des hommes qui détruisit en une nuit le fier Château de Montguyon. La foudre tombée sur la flèche mit le feu à la haute charpente qui répandit les flammes dévastatrices dans toute la demeure.

Le château disparaissait avec le système politique qu’il servait depuis huit siècles pour n’être plus qu’une ruine ouverte à la pluie, aux arbres et aux oiseaux de nuit.

Le château de Montguyon abandonné de ses propriétaires, ruiné, commença alors lentement à s’écrouler.

C’est avec la cinquième République naissante, en 1958 que la commune se rendit acquéreur du Château.

En 1980, l’Association pour La Sauvegarde du Patrimoine Historique de Montguyon (A.S.P.H.M.) contribua à sauver la mémoire de ce lieu, avec la restauration des écuries en ruines, le dégagement des remparts et des douves.

Malheureusement, le 7 janvier 1982 à 19h30, la partie nord-ouest du donjon, la plus belle, s’effondra suite aux fortes pluies et au tremblement de terre de la veille.

Laissant les Montguyonnais consternés devant ce désastre, tant habitués à la stature de leur donjon dominant le village depuis presque 800 ans.

Heureusement, le donjon fut habilement restauré et peut encore susciter intérêt et admiration.

Les écuries du château et les remparts sont classés à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le 23 juillet 2004

Extrait tiré de la conférence de Mr Florent GAILLARD

du samedi 9 août 1997 à Montguyon

Dolmen de Pierre Folle

L’allée couverte de Pierre Folle est une construction mégalithique érigée il y a 4 500 ans environ ; classée Monument historique en 1889, elle se trouve sur un terrain privé.

L’entrée est orientée vers le soleil levant, et le monument ENE/WSW. L’ensemble, de style aquitain, était recouvert de terre à l’origine en tumulus, et servait de sépulture. Il fait 16 m de long sur 4,2 m de haut.

La plus grosse pierre pèse 30 tonnes. Selon la légende, « quand la cloche de l’église de Vassiac sonne la messe de Noël, elle fait trois tours sur elle-même ».

Un dolmen, construit il y a 4 000 ans, est adossé sur sa paroi nord à l’ouest.

Les pierres proviennent d’un rayon de 2,5 km.

Beaucoup d’autres mégalithes ont été érigés dans la région, dans un rayon de 6 km, comme la Pierre Folle de Chierzac, de Saint-Palais-de-Négrignac, le dolmen de Teurpin (Saint-Martin-d’Ary), les tumuli de la Goujonne et Ardeuil, et le menhir (disparu) de la Haute Borne (Saint-Martin-d’Ary)

Église de Vassiac

Au XIème siècle, les seigneurs ne paraissent guère posséder que le château fort et ses terres. Mais à côté, au nord-est du château, se trouve un prieuré, celui de Vassiac. Comme tous les prieurés, centres intellectuels et spirituels, celui-ci dispose d’une zone d’influence.

On retrouve Vassiac sous l’appellation : «  Capellanus de Vassiaco » ou, « La chapelle de Vassiac , ce qui tend à démontrer qu’à son origine notre église de Vassiac n’avait été construite que sous la forme d’une simple chapelle. Pourtant la charte Dl du 1er avril 1232 du cartulaire de Baignes on retrouve l’information suivante :

Ecclesiam sancti Vincentii de Vasseiac (Eglise saint Vincent de Vassiac).                         

On peut voir dans le haut du chœur de l’église de Vassiac un superbe retable (Dans les églises, construction verticale ou sculptée, placée à l’arrière d’une table d’autel.). L’iconographie courante de ces derniers est remplacée là par un triangle trinitaire contenant le tétragramme hébreu du nom de Dieu : « YHWH » ou ,  « Jéhova ». D’une manière générale les retables apparaissent dans les églises vers la fin de XIIIème siècle

En fouillant encore dans l’architecture de notre église, on peut y découvrir dans une partie des murs extérieurs, aujourd’hui cachée par le bâtiment du presbytère, une meurtrière donnant plein est et sûrement conçue à l’époque de la construction de l’église.

Extrait du livre : Vassiac-Montguyon du Néolithique à la révolution de Raymond NUVET

Haut de page
Copier le lien